Le magistrat Édouard Levrault a décidé de poursuivre en diffamation l’ex ministre de la justice Éric Dupond-Moretti, qui l’accuse dans son livre et dans son spectacle de violation du secret de l’instruction.

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Le magistrat Édouard Levrault a décidé de poursuivre en diffamation l’ex-garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, qui l’accuse dans son livre et son spectacle de violation du secret de l’instruction.

Ce nouvel épisode du conflit au long cours entre les deux hommes se jouera devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, lors d’une audience dont la date doit être déterminée le 12 mai.

Le magistrat reproche à Éric Dupond-Moretti de l’accuser d’avoir violé le secret de l’instruction au détriment de l’un de ses clients, dans son livre comme sur scène. Il demande à l’ex-ministre et son éditeur, Michel Lafon, 30.000 euros de dommages et intérêts, ainsi qu’une mesure de publication judiciaire.

Nommé Garde des Sceaux en juillet 2020, après 36 ans à gagner son surnom d’Acquittator dans les cours d’assises de France, Éric Dupond-Moretti avait été accusé quelques semaines plus tard d’utiliser ses nouvelles fonctions de ministre pour régler de vieux comptes avec des magistrats.

Peu après sa nomination à la Chancellerie à l’été 2020, il avait lancé des enquêtes administratives contre quatre magistrats, dont Édouard Levrault à qui il avait eu affaire en tant qu’avocat et dont il avait dénoncé les méthodes de cow-boy.

En septembre 2022, le Conseil supérieur de la magistrature avait blanchi l’ancien juge d’instruction de Monaco, infligeant ainsi un revers à Éric Dupond-Moretti.

Le CSM avait estimé qu’Édouard Levrault s’était exprimé de façon non-outrancière, sans divulguer d’information secrète, sur un sujet d’intérêt général et n’avait donc pas excédé les limites de sa liberté d’expression», dans un reportage télévisé à l’origine des poursuites disciplinaires.

Ainsi, selon le texte de la citation directe, consultée par l’AFP, Édouard Levrault juge qu’Éric Dupond-Moretti a proféré ces propos gravement diffamatoires de mauvaise foi, sans aucune base factuelle de nature à les justifier, avec une animosité et une intention de nuire caractérisées.

Le déclenchement des poursuites disciplinaires avait valu à l’ex-Garde des Sceaux de comparaître devant la Cour de justice de la République, seule habilitée à poursuivre et juger des membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions, avant d’être finalement relaxé.

De son côté, l’avocate d’Éric Dupond-Moretti, Me Jacqueline Laffont, a estimé que ces poursuites en diffamation traduisent une forme d’acharnement.

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