Le producteur et présentateur de télévision Thierry Ardisson est mort à 76 ans.

Le producteur et présentateur de télévision Thierry Ardisson est mort à 76 ans, c’est ce qu’ont annoncé son épouse et ses enfants à l’AFP.

Sa femme, la journaliste de TF1 Audrey Crespo-Mara, a écrit: “Thierry est parti comme il a vécu. En homme courageux et libre. Avec ses enfants et les miens, nous étions unis autour de lui. Jusqu’à son denier souffle”.

La star du PAF, surnommée “L’homme en noir”, est décédé à Paris des suites d’un cancer du foie.

Quelques minutes auparavant, la journaliste Audrey Crespo-Mara annonçait sur le réseau X intenter “sans attendre une action en justice” contre le blogueur Clément Garin, qui avait prétendu hier que Thierry Ardisson était déjà mort. Elle a écrit: “Se croire autorisé à annoncer la mort d’un homme alors qu’il est encore en train de lutter pour sa survie, entouré des siens, c’est inhumain”.

– Dans un communiqué, France Télévisions parle d’une immense émotion et d’une très grande tristesse. Le groupe écrit: “Provocateur et érudit, l’animateur et producteur particulièrement créatif a créé des concepts novateurs et des talk-shows devenus cultes qui ont marqué leur époque ainsi que des émissions cultes entrées dans le patrimoine télévisuel”.

– “L’homme en noir nous laisse en deuil”, c’est ce qu’a écrit l’Elysée. Le producteur “imposa un style, un esprit, teinté de curiosité et d’irrévérence” qui “maîtrisait à la perfection le sel du scandale… Il poursuivra dans nos mémoires la conversation de tant d’années”. Lisez l’intégralité de ce communiqué en cliquant ici.

– Sur le réseau X, l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) “salue la mémoire de Thierry Ardisson. Il a marqué la télévision pendant quatre décennies, par son ton unique et singulier au service du divertissement”.

– Le PDG du Groupe TF1 a également rendu hommage à l’homme en noir: “Le Groupe TF1 a appris avec une immense tristesse le décès de Thierry Ardisson, figure incontournable de la télévision française. Animateur, producteur, écrivain, Thierry Ardisson a traversé les décennies avec une liberté de ton rare et une créativité hors du commun. À travers ses nombreuses émissions devenues cultes (Descente de police et Scoop à la Une à ses débuts sur TF1 puis sur d’autres chaînes de télévision avec ses émissions emblématiques comme Bains de minuit, Lunettes noires pour nuits blanches, Double jeu et Tout le monde en parle ou encore 93 Faubourg Saint-Honoré et Salut les Terriens !) il a su interroger son époque avec impertinence, élégance et profondeur”.

Rodolphe Belmer, Président-Directeur Général du Groupe TF1 déclare: “Je tiens à saluer la mémoire d’un homme de médias visionnaire, passionné et exigeant, dont l’influence sur la société restera majeure. Nos pensées les plus sincères vont à son épouse, notre collègue Audrey Crespo-Mara, ainsi qu’à ses enfants et à ses proches. Nous partageons leur peine en ces heures douloureuses”.

Thierry Ardisson laisse derrière lui une œuvre, un ton, une empreinte. Celle d’un homme libre, amoureux des mots et du débat, qui a su conjuguer provocation et profondeur avec une rare élégance.

– Sur Instagram, Léa Salamé s’est exprimée en affirmant: “On a grandi avec lui. On ne sortait pas le samedi soir pour regarder ses émissions, parce qu’il se passait toujours quelque chose, parce qu’il sentait l’époque comme personne, parce que oui, tout le monde en parlait, le lundi matin à la machine à café. Inventeur génial, concepteur insensé, il laisse une œuvre télé monumentale. Je me souviendrai de Gorbatchev qui fait les marionnettes avec les mains, de Bret Easton Ellis, de Michel Rocard, de Jamel, Karl Lagerfeld, de Michel Houellebecq, et Christine Angot, des coups d’éclats, et des moments cultes, des “magnéto Serge”, des interviews séquencées, des “tu préfères” des “par amour, tu pourrais embrasser les chaussettes sales de l’homme que tu aimes?”. On ne s’ennuyait jamais avec lui. Il parlait à toute la France, les jeunes, les plus âgés, les intellos, les pas intellos, les branchés, les pas branchés. Il rassemblait toutes les France le samedi soir. Il était flamboyant, érudit , excessif, provocateur évidemment. Il savait que “Dieu n’aime pas les tièdes” et il n’était pas tiède. J’ai aussi découvert les dernières années, l’homme ultra sensible derrière les lunettes noires. Celui qui s’est effondré en larmes sur Inter la dernière fois que je l’ai reçu, en mai dernier, en parlant de ses parents et du livre de Nicolas Demorand qui l’avait “explosé” parce qu’il avait aussi été confronté à la bipolarité dans son entourage très proche. Et puis l’homme amoureux. Fallait voir ses yeux quand il regardait Audrey, à qui je pense ce matin. Rarement vu un homme qui regarde sa femme avec autant d’amour et de tendresse. Il avait mis en scène sa mort dans son dernier livre, “L’homme en noir”, à la manière de David Bowie, dont le dernier clip se terminait dans un cercueil. Quand j’ai lu le livre, je ne savais pas qu’il était malade. Aujourd’hui, je vais le relire, mais sans me marrer. Dans ce livre, il disait rêver que son nom soit dans le dictionnaire. Il le sera. Salut Thierry, Merci pour tout”.

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