La justice a exigé un assouplissement des conditions de détention de Rédoine Faïd, braqueur multirécidiviste surnommé “le roi de la belle” pour ses évasions spectaculaires.
La justice a exigé un assouplissement des conditions de détention de Rédoine Faïd, braqueur multirécidiviste surnommé le roi de la belle pour ses évasions spectaculaires.
Le 21 juillet 2025, la cour d’appel de Douai a confirmé une ordonnance du 7 juillet 2025 du tribunal judiciaire de Béthune, estimant que ses conditions de détention, jugées “contraires à la dignité humaine”, devaient être améliorées.
Ces conditions incluent un isolement prolongé de plus de 12 ans (hormis ses périodes d’évasion en 2013 et 2018), l’utilisation d’un hygiaphone lors des parloirs depuis 2018, l’absence d’unité de vie familiale, une baisse de luminosité dans sa cellule due à un double caillebotis installé en mai 2025, et le manque d’activités promises en 2024, à l’exception de l’art-thérapie.
La cour a pointé cinq éléments principaux portant atteinte à sa dignité et a noté une dégradation de son état de santé physique et psychique, appuyée par des rapports médicaux évoquant un risque de dépression et une aggravation de sa dangerosité criminologique en cas de désespoir.
L’administration pénitentiaire a jusqu’au 21 août 2025 pour mettre en place des mesures correctives et soumettre un rapport sur ces changements. Les options envisagées incluent la levée de l’hygiaphone, un accès à une unité de vie familiale, ou même un transfert vers un établissement avec un régime de détention moins strict.
Cependant, cette décision fait controverse, car le 16 juillet 2025, le tribunal administratif de Lille avait maintenu son isolement, soulignant sa “particulière dangerosité” et le risque de récidive d’évasion, en lien avec son passé (évasions en 2013 à l’explosif et en 2018 par hélicoptère).
Cette contradiction entre les juridictions judiciaire et administrative reflète un débat sur l’équilibre entre sécurité et dignité humaine.
L’avocat de Faïd, Me Benoît David, a qualifié cette décision d’historique, estimant qu’elle reconnaît que l’isolement extrême, combiné à d’autres restrictions, constitue un traitement inhumain.
Il voit aussi un précédent pour d’autres détenus, notamment avec l’entrée en vigueur de la loi narcotrafic, qui impose des conditions similaires à certains prisonniers.
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