Le groupe Bolloré a fait appel de la décision de l’Autorité des marchés financiers qui l’oblige à lancer une offre publique de retrait pour racheter l’ensemble des actions Vivendi qu’il ne détient pas.
Le groupe Bolloré a fait appel de la décision de l’Autorité des marchés financiers (AMF) du 18 juillet 2025, qui l’oblige à lancer une offre publique de retrait (OPR) pour racheter l’ensemble des actions Vivendi qu’il ne détient pas, pour plusieurs raisons stratégiques et financières :
L’AMF a estimé que Bolloré SE, dirigé par Vincent Bolloré, exerce un contrôle effectif sur Vivendi, car sa participation, combinée aux actions autodétenues (3,7 %), dépasse le seuil de 30 % déclenchant l’obligation d’une offre publique en France. Bolloré conteste cette interprétation, arguant que sa participation directe de 29,9 % ne justifie pas cette obligation. La décision repose sur un arrêt de la Cour d’appel de Paris du 22 avril 2025, qui a infirmé une précédente position de l’AMF de novembre 2024. Bolloré cherche à faire annuler cette décision pour éviter l’OPR.
Lancer une OPR impliquerait un coût potentiellement élevé, estimé par certains analystes à plus de 2,5 milliards d’euros, selon le prix de l’offre. Cela pourrait peser lourdement sur les finances de Bolloré SE, surtout après la scission de Vivendi en quatre entités en décembre 2024 (Canal+, Havas, Louis Hachette Group, et la holding Vivendi). Bolloré souhaite probablement éviter cette charge financière, surtout si le retrait de Vivendi de la cote n’est pas dans ses plans stratégiques immédiats.
La scission de Vivendi avait été conçue pour maximiser la valeur des actifs en les cotant séparément (Canal+ à Londres, Havas à Amsterdam, etc.), tout en évitant une obligation d’OPA. Bolloré avait structuré son contrôle pour rester sous le seuil de 30 % et ne pas déclencher cette obligation. L’AMF, sous la pression du fonds activiste CIAM, a réexaminé cette structure et imposé l’OPR, ce que Bolloré considère comme une entrave à sa stratégie. L’appel vise à préserver cette structure initiale.
Bolloré SE et Vivendi ont déjà formé des pourvois devant la Cour de cassation contre l’arrêt de la Cour d’appel du 22 avril 2025, avec une audience fixée au 25 novembre 2025. En parallèle, Bolloré conteste la décision de l’AMF devant la Cour d’appel de Paris pour tenter d’annuler l’obligation d’OPR. Cette double stratégie montre une volonté de retarder ou d’invalider l’obligation en attendant une décision définitive de la Cour de cassation.
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