Une alerte grave concernant la souffrance au travail à l’Agence France-Presse vient d’être révélée.
Lors d’un comité social et économique extraordinaire le 13 novembre 2025, l’inspection du travail a transmis un signalement alarmant à la direction de l’AFP.
Selon ce document, environ une quarantaine de salariés (journalistes pour la plupart, hommes et femmes, souvent quinquagénaires, au siège à Paris ou en province) sont en situation de grande fragilité morale et de souffrance psychologique sévère.
Le nombre de signalements à l’inspection du travail a doublé en quelques mois, passant à 3-5 salariés par mois se présentant en état de détresse.
Parmi ces cas, 3 à 5 salariés auraient évoqué des tentations ou pensées suicidaires.
Par mesure de précaution immédiate, la direction a fermé provisoirement l’accès à la terrasse du 7e étage du siège place de la Bourse à Paris, pour éviter tout risque de passage à l’acte.
Voici les causes évoquées selon l’inspection du travail et les syndicats: Des conflits hiérarchiques, des mises à l’écart ou des mutations brutales de postes, une gestion RH perçue comme répressive ou dissuasive et une crise de confiance générale dans l’entreprise.
Une surcharge de travail et des sous-effectifs chroniques sont aussi évoqués.
A noter que l’AFP prépare un plan d’économies de 10 à 12 millions d’euros pour 2026, avec des incitations renforcées au départ en retraite (70 salariés éligibles identifiés).
Cela s’ajoute à des réorganisations récurrentes depuis plusieurs années.
Rappelons que dès février-juillet 2025, une vingtaine de signalements avaient déjà conduit l’inspection du travail à saisir la justice pour des soupçons de harcèlement moral, et une enquête préliminaire avait été ouverte après une plainte individuelle d’une journaliste.
La direction n’a pas encore communiqué publiquement de réponse détaillée à cette alerte mais elle avait précédemment affirmé prendre ces sujets au sérieux et maintenir une culture RH bienveillante.

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