Magali Berdah a obtenu du tribunal judiciaire de Paris une saisie conservatoire sur les droits d’auteur du rappeur Booba (de son vrai nom Élie Yaffa) pour un montant de près de 40,6 millions d’euros (exactement 40 588 572 euros selon certaines précisions).
Cette mesure, prise à titre conservatoire (c’est-à-dire provisoire et préventif), vise à bloquer ces fonds en attendant une décision définitive sur le fond du litige.
Elle concerne les droits d’auteur détenus auprès d’organismes comme la Sacem, Universal Music France, Deezer, et potentiellement d’autres plateformes ou comptes.
Rappelons que Magali Berdah, ancienne fondatrice de l’agence Shauna Events (spécialisée dans les influenceurs) et aujourd’hui animatrice sur Sud Radio, accuse Booba de cyberharcèlement aggravé et de dénigrement commercial.
Selon elle, le rappeur aurait orchestré une campagne massive sur les réseaux sociaux depuis 2021-2022, en qualifiant les influenceurs qu’elle représentait d’influvoleurs (influenceurs voleurs), et aurait menacé ou incité à boycotter les marques collaborant avec son agence.
Cela aurait causé un préjudice financier très lourd à Shauna Events, avec une chute de revenus et des ruptures de contrats.
Le tribunal a évalué provisoirement la créance de Magali Berdah et de ses sociétés associées (Shauna Events, Sublime Talent, MB Conseil) à cette somme astronomique, sur la base de sa requête.
Ce n’est pas une condamnation définitive de Booba ni un paiement immédiat.
C’est une mesure de précaution pour empêcher que les revenus (droits d’auteur, streams, etc.) ne disparaissent avant un éventuel jugement au fond.
Booba nie fermement avoir appelé au harcèlement et a toujours présenté sa campagne comme une dénonciation de pratiques frauduleuses dans le monde des influenceurs.
Le conflit judiciaire entre les deux dure depuis plusieurs années, avec des plaintes croisées, des mises en examen (Booba est mis en examen pour cyberharcèlement aggravé), et des épisodes antérieurs comme des condamnations de followers de Booba pour harcèlement en 2024, ou des décisions plus récentes (comme une condamnation de Booba pour procédure abusive en 2025).
Cette saisie marque un tournant spectaculaire dans ce bras de fer très médiatisé, avec des montants qui dépassent largement les enjeux habituels dans ce type de dossiers.
L’affaire continue d’évoluer devant les tribunaux.

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