La participation d’Amir aux Francofolies de Spa ce week-end a suscité une vive polémique en raison de son identité franco-israélienne et de ses liens présumés avec des événements soutenant l’armée israélienne.

La participation d’Amir aux Francofolies de Spa ce week-end a suscité une vive polémique en raison de son identité franco-israélienne et de ses liens présumés avec des événements soutenant l’armée israélienne.

Dix artistes programmés au festival (Colt, Lovelace, Nicou, Lauravioli, Isaac, Libra Romea, CHOSE, SMR, Nkey, Mado) ont signé une lettre ouverte dénonçant la présence d’Amir, exprimant leur malaise face à ses prises de position supposées pro-israéliennes. Ils reprochent notamment sa participation à un concert dans la colonie illégale d’Hébron en 2014, sa présence à une soirée de soutien aux soldats de Tsahal organisée par Yoni Chetboun (ex-député du parti d’extrême droite HaBayit HaYehudi), et son absence de critique envers les actions du gouvernement israélien dans le conflit israélo-palestinien.

Trois artistes ont annulé leur participation: La chanteuse franco-suisse Yoa, invoquant ses convictions sociales, politiques et humanistes et son refus de partager la scène avec un artiste qu’elle accuse de ne pas reconnaître le génocide en cours en Palestine. Mais aussi les DJs RaQL et LibraRomea, du collectif Who’s That Girl, pour rester alignées avec leurs valeurs pro-palestiniennes.

Malgré les appels à déprogrammer Amir, les organisateurs ont maintenu sa participation, arguant qu’aucune prise de parole propagandiste n’a été observée sur scène et qu’ils ne peuvent juger moralement sa trajectoire personnelle. Ils ont reconnu la tragédie à Gaza et la légitimité des interpellations, mais ont privilégié la liberté artistique, soulignant le caractère rassembleur et festif des concerts d’Amir.

Le label d’Amir, Parlophone, a dénoncé un « déferlement de haine antisémite » sur les réseaux sociaux, affirmant qu’Amir promeut la paix et les valeurs humaines dans ses chansons. La ministre française Aurore Bergé et l’organisation antiraciste Licra ont également soutenu Amir, condamnant les accusations portées contre lui comme étant motivées par son identité juive et israélienne.

Malgré les controverses, Amir s’est produit vendredi sur la scène Proximus, accueilli chaleureusement par son public. Il a exprimé une appréhension inhabituelle avant de monter sur scène, déclarant : “Je respecte ceux qui s’opposent à moi, mais je pense que pour pouvoir avancer, il faut savoir s’écouter, pour pouvoir avancer vers la paix, il faut savoir dialoguer. Le dialogue, c’est nettement préférable aux interdits et au boycott. Je ne connais qu’une seule réponse à la haine, c’est l’art. La vraie vie se trouve dans ces moments de communion, pas sur les réseaux sociaux. Après des années de scène, c’est la première fois que je monte sur scène avec une appréhension ce soir”.

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