Le géant chinois du e-commerce JD.com, en pleine expansion en Europe, est sur le point de devenir le deuxième actionnaire majeur de Fnac Darty via l’acquisition du distributeur allemand Ceconomy.
Cette opération, évaluée à environ 2,2 milliards d’euros, positionnerait JD.com avec environ 22 % du capital de Fnac Darty, juste derrière le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky (28 % via Vesa Equity).
JD.com a déposé une demande d’autorisation préalable auprès de Bercy il y a quelques jours, comme exigé depuis septembre en vertu du contrôle des investissements étrangers en France.
Ce mécanisme vise à protéger les secteurs stratégiques, notamment la distribution de biens culturels – un domaine sensible pour la souveraineté française, car Fnac Darty est le premier vendeur de livres en France.
Ceconomy (qui détient les enseignes MediaMarkt et Saturn en Europe) avait acquis sa participation dans Fnac Darty en 2017 auprès d’Artémis (fonds de la famille Pinault).
JD.com, troisième acteur du e-commerce chinois derrière Alibaba et Pinduoduo (maison mère de Temu), voit là une opportunité pour renforcer sa présence européenne.
Bercy dispose de 30 jours pour évaluer la recevabilité de la demande. Si elle est validée, l’examen approfondi peut durer jusqu’à trois mois. Le ministère s’engage à examiner l’opération avec la plus grande rigueur et vigilance, en raison des enjeux culturels et de données clients.
Les biens culturels ne sont pas des biens comme les autres, selon Bercy.
Des engagements pourraient être exigés sur la promotion des produits français et l’emploi local.
La loi chinoise sur le renseignement (2017) pourrait théoriquement obliger JD.com à partager des données clients avec Pékin, ce qui inquiète sur la protection des informations des Français.
Cette entrée pourrait bousculer les rapports de force au sein de Fnac Darty, avec des discussions en cours sur une possible cession partielle de parts par Kretinsky.

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