Rappelons que sur X, Ségolène Royal a écrit hier le texte suivant:
“La famille de Quentin Deranque a demandé dignement qu’il n’y ait pas d’exploitation politique de la mort tragique de leur fils. Mais on assiste à l’écœurante récupération : le RN qui s’engouffre, sur tous les médias, dans ce qu’il voit comme une aubaine pour tenter de retourner en sa faveur une sorte de front national, tout en faisant oublier ses graves délits de détournements de fonds publics. Et, tout aussi écœurants, certains à droite, au centre et à gauche qui exploitent cet événement tragique pour se débarrasser d’un concurrent (qui leur facilite la tâche par ses excès et ses dérapages). Habilement le RN prétend ne pas appeler à participer aux manifestations. En fait, ils savent que ses militants iront quand même, mais que la récente marche pour Quentin Deranque a laissé une traînée de croix gammées sur les murs . Et le RN veut pouvoir dire qu’il n’y est pas associé. N’oublions pas les leçons de l’histoire. Aucun républicain ne doit se laisser aller à renvoyer dos à dos l’extrême droite et la gauche de la gauche. Toutes les violences sont condamnables mais les idéologies qui les sous – tendent ne sont pas de même nature ni de même danger. Quand la droite, le centre et une partie de la gauche s’y laissent aller, pour des raisons électoralistes à courte vue, ils font le jeu de l’extrême droite et préparent leur propre effondrement. En 1933 le parti-national socialiste prend prétexte de l’incendie du Reichstag pour interdire le parti communiste et les organisations de gauche, et accélère la montée du nazisme. Ne répétons pas ce basculement. Que la présidente de l’Assemblée nationale se précipite pour faire une minute de silence à un militant présumé néo-nazi et antisémite interpelle, aussi condamnable que soit cet assassinat . Alors que les ratonnades antisémites et racistes, anti noirs , anti arabes , bien plus nombreuses, n’ont pas eu cette attention de la part de l’Assemblée nationale. N’oublions pas les mécanismes de la montée des ligues et ne laissons pas se répéter un 6 février 1934 dans nos rues. N’oublions pas comment les scandales financiers des élites et la crise économique, sociale et politique, ont été exploités par l’extrême droite, faute de gouvernants respectés ou d’alternative sérieuse, efficace et moralement irréprochable…Comme aujourd’hui ?On nous dit : ce n’est pas pareil, ils se sont “normalisés”. “On va essayer”. Essayer ? On ne pourra pas dire “on ne savait pas”, “on n’a rien vu et rien entendu” . Il sera trop tard. Les jeunes générations nous demanderont des comptes face à cette dette politique et morale”.

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