Vendredi dernier, l’Arcom a mis en demeure CNews pour non-respect de l’exigence d’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion.
L’Arcom a agi suite à une saisine de Reporters sans frontières (RSF) en janvier dernier.
Elle a analysé 168 heures d’émissions phares de CNews diffusées en mars 2025 (les plus regardées : L’Heure des Pros, Face à l’info, Morandini Live…), représentant plus de la moitié de l’audience du mois.
Voici les principaux constats de l’Arcom:
– Un déséquilibre manifeste et durable sur des thèmes majeurs: sécurité, immigration, islam, guerre en Ukraine, LFI, relations franco-algériennes, justice.
– Une convergence des points de vue exprimés, avec une focalisation sur une interprétation (menace immigration/islam, critique de l’exécutif/UE/judiciaire…).
– Peu de contradiction ou de temps d’antenne pour des analyses nuancées ou opposées.
– Le rôle structurant des animateurs qui oriente souvent les débats dans un sens univoque.
Cette décision s’appuie sur une délibération de juillet 2024 (suite à une jurisprudence du Conseil d’État de février 2024), qui élargit le contrôle du pluralisme au-delà du simple temps de parole des politiques: Elle porte sur la diversité globale des courants de pensée dans les programmes d’information. CNews avait déjà reçu une mise en garde en juillet 2024 sur ce sujet.
L’Arcom précise que cela n’interdit pas une ligne éditoriale ou de traiter certains sujets plus que d’autres, mais proscrit les déséquilibres structurels durables.
Elle annonce une veille renforcée sur les chaînes d’info en continu à l’approche des échéances électorales.
La mise en demeure est une injonction formelle à se conformer à l’avenir. En cas de nouveau manquement, l’Arcom pourra engager une procédure de sanction (amende, voire suspension ou retrait de fréquence, bien que cela reste rare et proportionné).
CNews a contesté fermement cette décision par communiqué, y voyant une atteinte à la liberté éditoriale.
La chaîne annonce un recours devant le Conseil d’État (et éventuellement les juridictions européennes). Le recours n’est pas suspensif.
RSF salue une décision historique contre un déséquilibre structurel.

Laisser un commentaire