Dans une tribune publiée mercredi soir dans le Figaro, Maxime Saada (président du directoire du groupe Canal+) a réagi à la dernière mise en demeure de l’Arcom contre CNews qui sanctionne un déséquilibre manifeste et durable dans le pluralisme des courants de pensée et d’opinions sur la chaîne.
Il y voit une escalade dangereuse après la non-reconduction de la fréquence TNT de C8 en juillet 2024.
Le titre provocateur (“Après C8, bientôt CNews : la France, ce pays qui ferme des chaînes“) résume sa thèse: L’Arcom, sous couvert de régulation du pluralisme et du respect des obligations, exercerait une pression politique et idéologique qui menace la liberté éditoriale des médias privés, en particulier ceux du groupe Bolloré (perçu comme conservateur ou droitier).
Il alerte sur une brèche qui pourrait s’élargir à tout le paysage audiovisuel français.
Rappelons que la fréquence TNT de la chaîne C8 n’a pas été renouvelée en 2024 par l’Arcom, principalement en raison de multiples sanctions (propos controversés, manquements à la déontologie, notamment autour de Cyril Hanouna).
Concernant CNEWS, on note des multiples mises en garde, des amendes et maintenant une mise en demeure pour non-respect du pluralisme (analyses d’émissions montrant un déséquilibre sur des sujets comme la sécurité, l’immigration, l’Ukraine, etc.).
La chaîne conteste et annonce un recours au Conseil d’État.
Maxime Saada argue que ces décisions traduisent une forme de censure ou de traitement inégal (les chaînes mainstream ou de gauche étant moins scrutées selon lui).
Il défend la liberté d’expression et le rôle des chaînes d’opinion dans le débat démocratique.
CNews est régulièrement accusée de désinformation, de biais pro-droite/extrême droite, et de manque de contradicteurs (invités majoritairement alignés).
Des enquêtes (comme celle de Libération) et rapports pointent un déséquilibre statistique.
Le groupe Canal+ met en avant son financement du cinéma, son pluralisme global, et dénonce une chasse aux sorcières politique contre Vincent Bolloré.
Maxime Saada a souvent insisté sur le fait que les sanctions visent surtout les chaînes du groupe pour des raisons idéologiques.
Maxime Saada déclare: “La toute dernière mise en demeure de CNews , rendue il y a quelques jours par l’Arcom, vient d’ouvrir une brèche dans laquelle tout le paysage audiovisuel français risque de s’engouffrer. Et je pèse chaque mor. L’Arcom y inscrit, parmi les torts de la chaîne, la mise en cause répétée de l’action de l’exécutif. Qu’on relise le grief: “La répétition marquée, d’une séquence à l’autre, des mêmes commentaires et opinions, s’observe principalement s’agissant de l’action de l’exécutif, en raison de positions perçues comme insuffisamment fermes ou cohérentes“. Ainsi, une autorité dite indépendante range la critique du pouvoir au rang des manquements. Le régulateur s’invite désormais dans la grille, dans le déroulé de l’émission, dans la fabrique intime d’une rédaction. Il ne contrôle plus le respect de règles objectives, il juge un contenu éditorial, ses choix rédactionnels, et finit par dicter ce qu’une rédaction doit penser, dire, et montrer…. Disons alors les choses telles qu’elles sont. Ceci n’est pas une décision de régulation. C’est une décision politique. Et elle poursuit un seul objectif : faire taire, puis faire disparaître, une chaîne que des millions de Français choisissent librement chaque jour…. De toutes les démocraties où notre groupe opère, je n’en connais aucune autre qui soit allée jusqu’à retirer sa fréquence à une chaîne. Aucune, sauf la France“.

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