Le Conseil d’État a rejeté une requête des syndicats SNJ et SNJ-CGT ainsi que de Reporters sans frontières relative à l’indépendance éditoriale et au pluralisme après le rachat du magazine Challenges (et des titres Sciences et Avenir et La Recherche) par LVMH.
LVMH (groupe de Bernard Arnault) a finalisé fin 2025 l’acquisition auprès de Claude Perdriel.
LVMH détenait déjà notamment Les Échos, Le Parisien (groupe Les Échos-Le Parisien), L’Opinion, L’Agefi et Investir.
Cette opération a renforcé sa position dominante dans la presse économique française, suscitant des craintes de concentration et d’atteintes à l’indépendance éditoriale (notamment autour de la charte d’indépendance de Challenges, de la ligne éditoriale et du pouvoir d’approbation des directeurs de rédaction par la société des journalistes).
Les salariés avaient notamment voté une motion de défiance en février et il y a eu des tensions avec une grève ou encore le départ d’un directeur.
LVMH a par la suite envisagé de revendre les titres scientifiques.
Les requérants demandaient au Conseil d’État d’obliger l’État à examiner le rachat et ses effets sur le pluralisme et l’indépendance éditoriale.
Ils s’appuyaient sur le règlement européen sur la liberté des médias, entré en vigueur en 2025 (notamment son article 22 sur l’évaluation des concentrations), mais non encore transposé en droit français.
Le Conseil d’État a rejeté la requête en soulignant notamment que ni le Premier ministre, ni la ministre de la Culture, n’étaient compétents pour un tel contrôle en l’état actuel du droit français.
La haute juridiction a rappelé qu’il revient au législateur de transposer les règles nécessaires.
RSF a dénoncé une situation où la France n’applique pas le règlement européen, privant les citoyens de garanties sur la liberté, le pluralisme et l’indépendance de l’information.
L’ONG a plaidé pour une action urgente du gouvernement et du Parlement afin de mettre le droit français en conformité, dans un secteur malade de concentrations prédatrices.

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