La société des journalistes de BFM TV a apporté son soutien à Igor Sahiri qui fait l’objet depuis plusieurs jours d’attaques depuis ses propos sur Sonia Mabrouk dans “Quotidien“ sur TMC.

La chaîne d’information BFM TV traverse depuis plusieurs semaines une crise interne marquée, cristallisée autour de Sonia Mabrouk.

Arrivée en août après avoir quitté CNews et Europe 1, elle anime l’émission 100 % Mabrouk en access.

Ses choix d’invités et le ton de son plateau ont rapidement suscité des critiques internes, notamment de la Société des journalistes (SDJ) et des syndicats (SNJ et CGT), qui dénoncent une banalisation de propos jugés discriminatoires ou proches de l’extrême droite et une dérive vers une chaîne d’opinion.⁠

La situation s’est envenimée cette semaine. Lundi, le grand reporter Igor Sahiri est intervenu dans “Quotidien“ sur TMC.

Interrogé sur le climat à BFMTV et les accusations de racisme pesant sur la chaîne (notamment après des incidents en reportage, comme à Trappes), il a déclaré que Sonia Mabrouk “cristallise effectivement la haine à l’extérieur de BFMTV“ et que “des journalistes de la rédaction se posent la question de savoir si on a bien fait de faire venir Sonia Mabrouk“. Il a également évoqué un “malaise“ interne et le passé de la journaliste, tout en défendant la rédaction contre les accusations de racisme.⁠

Ces propos ont été très mal accueillis par Sonia Mabrouk.

Selon Le Parisien, elle aurait déclaré : “J’accepte les attaques venant de l’extérieur, mais pas de l’interne. On n’a jamais vu un salarié dénigrer publiquement son entreprise de la sorte. Ce n’est pas une cible qu’il m’a mise dans le dos mais un pistolet sur la tempe“.

Des sources indiquent qu’elle aurait refusé de lui parler et posé un ultimatum à la direction (“C’est lui ou moi“) menaçant de se mettre en retrait.

La direction aurait craint une démission. Mercredi, plusieurs figures de la chaîne (Christophe Delay, Julien Arnaud, Olivier Truchot, Alain Marschall) et des responsables (dont Camille Andrieu et Fabien Namias) ont organisé une “haie d’honneur“ de soutien à sa sortie d’émission.⁠

Face à la campagne de critiques visant Igor Sahiri (sur les réseaux sociaux et certains plateaux), la SDJ de BFMTV a publié un communiqué de soutien clair: “Nous apportons notre soutien à Igor Sahiri, grand reporter à BFMTV, qui fait l’objet depuis plusieurs jours d’attaques de toutes parts. La SDJ de BFMTV soutient Igor Sahiri, grand reporter intègre et professionnel. Il a eu le courage de témoigner de ce que vivent les reporters et JRI de BFMTV au quotidien, et de rappeler le rôle fondamental du journalisme de terrain. Ni lui, ni nous, ne demandons le départ de personne. Nous souhaitons l’apaisement. La SDJ réaffirmera simplement toujours son attachement à l’identité de BFMTV, une chaîne d’information et non d’opinion“.

Ce texte s’inscrit dans un contexte plus large: plus de 200 journalistes ont cosigné une lettre dénonçant des “dérives éditoriales“ et la banalisation de propos racistes ou discriminatoires, tandis qu’environ 160 techniciens ont alerté sur une “lente dérive idéologique“.

La SDJ demande de “couper avec cette image de chaîne raciste“ et de retrouver la fierté de travailler pour BFMTV.

Des témoignages internes parlent d’une tension inédite.

Sonia Mabrouk, soutenue par sa direction et une partie des stars de l’antenne, a dénoncé une “hémiplégie politique“ et a défendu le pluralisme en écrivant: “Le journalisme, c’est le pluralisme. Il faudra s’y habituer“.

Igor Sahiri a clarifié ses propos dans Le Figaro: Ils auraient été mal interprétés. Il visait les attaques extérieures, pas un jugement sur le travail de sa collègue, et n’a jamais demandé son départ.⁠

La crise révèle une fracture entre une partie de la rédaction de terrain, attachée à l’identité “faits avant opinions“ de BFMTV, et la direction, qui a recruté Sonia Mabrouk pour dynamiser l’antenne à l’approche de la présidentielle 2027.

Des rumeurs de retour possible sur CNews circulent, mais rien n’est confirmé. La direction multiplie les gestes d’apaisement et de soutien à la présentatrice tout en tentant de gérer les mobilisations internes.

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