Le tribunal correctionnel de Carcassonne a condamné aujourd’hui un agent de la police nationale (43 ans) à six mois de prison avec sursis et à une interdiction d’exercer sur la voie publique pendant un an pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique.
Le 21 juin dernier vers 19 h, lors de la Fête de la musique (rue Auguste-Fourès à Carcassonne), le policier, accompagné d’agents municipaux intervenant pour des nuisances sonores, a saisi par-derrière un homme de 29 ans (prénommé Youssef, décrit comme un marginal vivant entre le domicile de ses parents et la rue, consommateur de stupéfiants) et l’a projeté violemment au sol.
La tête de la victime a heurté le bitume avec force. Elle s’est tenue le crâne quelques instants avant d’être relevée.
La scène a été filmée et largement diffusée sur les réseaux sociaux mi-septembre (notamment relayée par le député LFI Thomas Portes), peu après un autre scandale impliquant des policiers municipaux de Carcassonne tenant des propos racistes, xénophobes ou misogynes.
L’IGPN a été saisie et une enquête ouverte.
Youssef est décédé le 3 juillet, 13 jours après les faits.
L’autopsie n’a révélé aucune lésion traumatique suspecte et le parquet a écarté tout lien de causalité entre la chute et le décès.
La famille ne mettait d’ailleurs pas en cause le policier pour la mort, mais souhaitait que justice soit faite sur les violences filmées.
Le policier a reconnu un geste violent mais a expliqué avoir pensé que la victime (visiblement alcoolisée et titubante) allait porter atteinte à une policière municipale.
Le tribunal a estimé que les faits étaient constitués. Les autres agents interrogés n’avaient pas fait état d’un sentiment de danger, et la vidéo ne montrait pas d’attitude agressive évidente de la victime.
Le parquet avait requis six mois avec sursis et trois ans d’interdiction d’exercer sur la voie publique (avec exécution immédiate).
Le tribunal a retenu une interdiction d’un an.
Après le jugement, un frère de la victime s’est dit soulagé tout en regrettant l’absence d’excuses ou de regrets exprimés par le prévenu.
Des policiers en civil avaient manifesté un soutien silencieux dans le hall du tribunal.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte tendu à Carcassonne, ville dirigée depuis mars 2026 par un maire RN.

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