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En réponse à la série d’enquête en 6 épisodes du Monde consacrée à son “empire“, Bernard Arnault a publié hier une longue lettre ironique intitulée “Merci“.

Bernard Arnault a publié hier une longue lettre ironique intitulée “Merci“ diffusée sur le compte X du service de presse de LVMH, en réponse à la série d’enquête en six épisodes du Monde (par Raphaëlle Bacqué et Vanessa Schneider) consacrée à “L’empire Bernard Arnault“.

Cette série, fruit de six mois de travail, abordait notamment le fonctionnement de LVMH, l’influence de son dirigeant, le mécénat, les relations avec les médias et les présidents, ainsi que la famille Arnault (y compris des questions de succession et de cohésion entre ses cinq enfants).

Dans sa réponse, il reprend point par point plusieurs éléments avec un ton sarcastique et défensif.

Il ironise sur le surnom de “chef de la dernière famille royale de France“ (préférant cela à “The Terminator“ de l’époque Boussac en 1984) et dément toute “fissure“ familiale, affirmant que ses enfants dirigent des maisons, travaillent ensemble et s’appellent le dimanche.

Il prévient que ceux qui parient sur une rupture “attendront longtemps“.

Sur le style vestimentaire et les anecdotes (collaborateurs “tirés à quatre épingles“, absence de surpoids, cravates Hermès), il s’excuse ironiquement pour le “manquement à la diversité corporelle“ et explique qu’on ne confisque pas les cravates Hermès mais en propose une seconde plus discrète “pour l’ascenseur“.

Il assume les contacts avec des dirigeants politiques (“Je plaide coupable“ pour Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron, et en ajoute d’autres à l’étranger) et la stratégie “business first“, tout en soulignant que LVMH exporte principalement des produits fabriqués en France.

Sur le mécénat et la fiscalité, il rappelle ses contributions (200 millions d’euros pour Notre-Dame, 50 millions pour un institut de mathématiques à Polytechnique, Fondation Louis Vuitton et ses 1,5 million de visiteurs annuels) et assume le recours au dispositif légal de 2003: “La loi de la République invite les entreprises ou les particuliers à donner pour l’intérêt général ; j’ai donné, et cela paraît suspect“.

Il critique le traitement médiatique (notamment par rapport à une précédente série plus élogieuse sur les Wertheimer/Chanel, qui n’avaient pas reçu les journalistes) et estime avoir été “puni“ pour sa transparence, lui et sa famille ayant reçu les journalistes.

Il interroge aussi “la géométrie exacte de l’indépendance éditoriale française“ (Xavier Niel, compagnon de sa fille Delphine, étant actionnaire individuel du Monde).

Il met en avant la vision long terme du luxe (savoir-faire transmis sur des générations, 220 000 collaborateurs dont 40 000 en France, contribution de plus de 40 milliards d’euros au Trésor public) plutôt que les “ragots“, et conclut en invitant les journalistes à l’apéritif à la Fondation Louis Vuitton (“Les vins seront français“) tout en promettant de continuer les mots croisés du Monde, “qui, eux, sont excellents“.

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