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“La liberté d’expression ne se défend pas uniquement lorsque les opinions exprimées font consensus“: Les groupes Canal+ et Lagardère ont réagi à l’arrêté d’expulsion de France visant Xenia Fedorova.

Xenia Fedorova, ancienne présidente et directrice de l’information de RT France (2017-2022), a reçu tout à l’heure un arrêté ministériel d’expulsion du ministère de l’Intérieur français.

Le ministère de l’Intérieur a confirmé l’information initialement rapportée par Libération.

Selon les extraits de l’arrêté, son “comportement porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État“ et sa présence en France “constitue pour ce motif une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public“.

Elle est accusée de contribuer à la diffusion d’un “discours de désinformation et de déstabilisation“, de relayer des narratifs visant à “manipuler l’opinion publique“, de “saper la confiance des citoyens européens et en particulier des citoyens français en leurs institutions“, et d’agir comme “un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes“ dans le but de “déstabiliser l’ordre public“.

Rappelons que RT France est interdite de diffusion dans l’Union européenne depuis 2022 (après l’invasion de l’Ukraine).

Xenia Fedorova est restée en France et intervient depuis 2025 comme chroniqueuse sur CNews et Europe 1. Elle écrit aussi dans le JDNews du groupe de Vincent Bolloré.

Elle a aussi publié un livre en 2025. Elle avait obtenu une carte de résident de 10 ans en 2024.

Des critiques (dont des responsables politiques et le président Emmanuel Macron, qui l’avait déjà qualifiée de propagandiste ou d’instrument d’influence) pointaient depuis des mois ses positions pro-Kremlin.

Depuis la notification de l’arrêté (remis à son avocat par la préfecture de police de Paris), elle est assignée à résidence et doit pointer chaque jour au commissariat. Elle a perdu de facto son titre de séjour et ne peut plus travailler normalement. L’arrêté est exécutoire.

Son avocat, Emmanuel Piwnica, a annoncé un recours immédiat et a déclaré: “Xenia Fedorova est une journaliste. Cette décision est une atteinte grave à la liberté d’expression d’une journaliste qui a toujours exercé son activité de manière la plus convenable qu’il soit“.

Les groupes Canal+ et Lagardère (ses employeurs) ont dénoncé “une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions“ dans un communiqué à lire ci-dessous:

“Les groupes CANAL+ et Lagardère ont appris avec stupeur que l’une de leurs salariées, Mme Xenia Fedorova, qui intervient régulièrement sur CNEWS, Europe 1 et dans le JDNews, a fait l’objet d’un arrêté d’expulsion immédiate pris par le ministère de l’Intérieur.

Sans que chacun soit nécessairement tenu de partager l’ensemble des analyses ou des opinions exprimées par Mme Fedorova, les groupes CANAL+ et Lagardère considèrent que l’empêcher de participer au débat public et d’exprimer ses points de vue sur la situation française et internationale constituerait une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions.

Ils rappellent que notre démocratie et notre État de droit confèrent une valeur constitutionnelle à la liberté d’expression et à la liberté de la presse. L’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen dispose ainsi: “La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement“. Les groupes CANAL+ et Lagardère apportent leur plein soutien à Mme Fedorova face à cette décision. La liberté d’expression ne se défend pas uniquement lorsque les opinions exprimées font consensus. Elle se défend précisément lorsqu’elles dérangent ou suscitent la contradiction, dès lors qu’elles s’inscrivent dans le débat démocratique, comme c’est le cas dans l’ensemble de nos médias.“

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