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Alors qu’un jeune de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens par une grenade assourdissante lors du mouvenement lycéen, l’usage des grenades assourdissantes est suspendu.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé ce matin sur RTL la suspension provisoire de l’usage des grenades assourdissantes dans le cadre du mouvement lycéen, le temps que les circonstances de la blessure d’un adolescent à Lens soient établies.

Lundi, devant le lycée Auguste-Béhal à Lens (Pas-de-Calais), un lycéen de 15 ans a eu la main gauche arrachée.

Selon le maire de Wingles, où il vit, il a aussi reçu une greffe à la main droite et présente des plaies au visage et au thorax.

Le procureur de Béthune a indiqué que plusieurs grenades (lacrymogènes puis au moins une assourdissante) avaient été utilisées le matin après sommations, alors que les CRS essuyaient des tirs de projectiles et que des poubelles brûlaient.

Les circonstances exactes restent floues : une source policière a d’abord évoqué le fait que le jeune aurait ramassé l’engin. D’autres versions parlent d’un impact direct.

L’IGPN doit déterminer si le tir était réglementaire.

Laurent Nuñez a évoqué sur RTL une possibilité forte que l’arme en cause soit une grenade assourdissante.

La suspension, déjà notifiée hier par télégramme du directeur général de la police nationale Louis Laugier, est à titre conservatoire et limitée au mouvement lycéen.

Elle vise principalement la grenade ASSD de type EF-SON (Alsetex), tirée au lanceur Cobra, en dotation depuis 2025.

Selon TF1 Info, les modèles Condor lancés à la main resteraient autorisés.

18 enquêtes IGPN ont été ouvertes sur l’action des forces de l’ordre depuis le début de la mobilisation.

Ces engins sont classés comme armes de force intermédiaire : détonation d’environ 160 décibels à moins de 5 m, flash, et parfois gaz lacrymogène.

Ils sont destinés à disperser à distance.

L’UNSA Police CRS s’est dite dubitative, estimant que le retrait, décidé sur l’émotion, retire un moyen peu utilisé pour éviter le corps-à-corps face à des projectiles, mortiers d’artifice ou pavés, et pourrait augmenter les blessés des deux côtés.

L’opposition a de son côté demandé une interdiction plus large de ces armes en manifestation.

Le mouvement lycéen, parti mi-septembre pour réclamer davantage de moyens, le remplacement des professeurs absents et de meilleures conditions d’enseignement, s’est étendu à l’ensemble du pays.

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