Le ministère de l’Intérieur a indiqué aujourd’hui que l’IGPN (Inspection générale de la police nationale), la police des polices, a été saisie de 24 enquêtes depuis le début du mouvement lycéen, mi-septembre.
C’est 6 de plus que le bilan de mercredi (18 enquêtes), lui-même en hausse par rapport aux dix annoncées le 5 octobre.
Ces enquêtes portent sur des soupçons de violences policières lors des blocages et manifestations.
Parmi les cas déjà rendus publics:
– À Tours (30 septembre), un lycéen de 16 ans, Maël, a été grièvement blessé à l’œil (lésions compatibles avec un tir de LBD) et a perdu l’usage de cet œil.
– À Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise, 28 septembre), Eden, 14 ans, a été touché au visage par un tir de lanceur de grenade lacrymogène ; mâchoire scellée, dents cassées ou arrachées. Le policier auteur du tir a été mis en examen.
– À Argenteuil, un adolescent de 16 ans a été blessé à l’œil par un tir de LBD (pronostic de cécité réservé selon sa famille).
– À Lens, un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée par l’explosion d’une grenade ; selon le parquet, elle aurait été tirée à environ 80 mètres, tombée au sol, puis ramassée avant d’exploser.
– À Sevran, tir de LBD allégué sur la cuisse, ainsi que d’autres faits (coup, insultes).
– À Marseille, un lycéen de 17 ans blessé à la tête par un coup de matraque.
– À Paris (hier, place de la Bastille), une enquête après une vidéo montrant un policier donnant un coup de genou au visage d’un manifestant.
– À Metz, une saisine après une vidéo d’un policier en civil semblant toucher les cheveux et la poitrine d’une jeune fille interpellée (la jeune fille a ensuite réfuté tout acte d’agression sexuelle).
Selon franceinfo, 6 des enquêtes concernent des tirs allégués de lanceurs de balles de défense (LBD). D’autres dossiers n’ont pas été détaillés publiquement.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a aussi demandé, à titre provisoire, de ne plus utiliser les grenades assourdissantes dans ce cadre.
En parallèle, le ministère de la Justice fait état aujourd’hui de 6.877 personnes placées en garde à vue depuis le début du mouvement, dont 86 % de mineurs, et de 2 376 personnes faisant l’objet de poursuites (dont 1 923 mineurs).
Matignon évoquait auparavant 215 élèves et 85 personnels de l’Éducation nationale blessés, ainsi que près de 800 policiers et gendarmes.
Le mouvement, lancé vers le 17-18 septembre (premier blocus notable à Créteil), porte sur les conditions d’enseignement : professeurs non remplacés, classes chargées, locaux dégradés, pression de Parcoursup.
L’exécutif a annoncé le déploiement de 3 000 professeurs remplaçants et parlait vendredi d’une nette décélération, tout en restant des fermetures d’établissements et un appel syndical à une nouvelle mobilisation le 13 octobre.

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