Une coalition de 101 groupes de presse et d’audiovisuel français a saisi le tribunal des activités économiques de Paris le 30 avril 2025 et évalue son préjudice à près de 1,4 milliard d’euros.
Les plaignants (Le Figaro, Les Échos-Le Parisien, L’Équipe, Libération, Ouest-France, Ebra, TF1, Radio France, France Télévisions, CMI, CMA Media, Prisma Media, Dailymotion et d’autres) accusent Meta d’avoir pratiqué un ciblage publicitaire basé sur la collecte massive et illicite de données personnelles des utilisateurs.
Ils estiment que Facebook et Instagram ont affiché des publicités ciblées sans consentement valable au sens du RGPD (en vigueur depuis mai 2018), alors que les médias traditionnels devaient imposer des bandeaux cookies, ce qui aurait conféré à Meta un avantage concurrentiel déloyal sur le marché publicitaire.
Le chiffrage, réalisé par le cabinet américain Charles River Associates, s’appuie notamment sur les revenus publicitaires de Meta (2015-2023), la valeur accordée aux données personnelles par les annonceurs et la perte de monétisation liée aux demandes de consentement (visiteurs refusant les cookies ne voyant que des pubs génériques, moins chères).
Ce montant figure dans une décision du tribunal du 21 septembre szenize, révélée début octobre par L’Informé. Les juges y ont organisé un cercle de confidentialité restreint pour l’accès aux calculs (au maximum 8 personnes côté Meta et 4 par média demandeur).
Le fond du dossier n’a pas encore été examiné.
Une audience publique est prévue en janvier 2027.
Meta a notamment demandé aux plaignants de prouver leur propre conformité au RGPD.
Le tribunal a jugé cette demande prématurée à ce stade.
Les médias s’appuient aussi sur des sanctions antérieures de l’autorité irlandaise de protection des données (notamment 390 millions d’euros en 2023).
Ils s’inspirent du précédent espagnol: En novembre 2025, le tribunal de commerce de Madrid a condamné Meta à verser 479 millions d’euros (+ 60 millions d’intérêts) à 87 éditeurs pour des motifs comparables.
Le contentieux français s’ajoute par ailleurs à d’autres fronts, comme celui des droits voisins (où l’Autorité de la concurrence a imposé des mesures à Meta en 2026).
À titre de mise en perspective, Meta a affiché en 2025 un chiffre d’affaires d’environ 201 milliards de dollars et un bénéfice net d’environ 60,4 milliards.
Les 1,4 milliard d’euros réclamés représentent l’équivalent d’une dizaine de jours de ce bénéfice.
Ni les avocats des médias ni Meta n’ont commenté publiquement la procédure à ce stade.

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